Luminoso...


En 2003, un événement très significatif a frappé l’Espagne, pourtant berceau de la tauromachie moderne. Le parlement des députés de Catalogne a voté une loi qui interdit à un enfant de moins de 14 ans d’assister à un spectacle tauromachique, même s’il est accompagné d’une personne adulte, fut-ce son père ousa mère. Ce texte ne laisse donc pas le choix aux parents de décider s’ils doivent ou non orienter leurs progénitures vers la tauromachie. Depuis, un véritable débat s’est instauré dans la péninsule ibérique.
Et une disparité d’opinions au sein même de la nation qui a inventé la corrida, donne des ailes abolitionniste à une Europe en quête d’uniformisation, qui ne peut cautionner encore longtemps cette manifestation anachronique et hors du temps.
Evidemment, une démonstration taurine est un événement fort qui peut choquer un enfant s’il n’y est pas préparé. Mais la tragédie taurine mérite un apprentissage adéquat. L’éducation est fondamentale pour permettre à nos enfants d’appréhender de la meilleure des façons cette tradition de la culture du taureau.
Il existe pour l’enfant des perversions plus facilement abordables. La guerre et ses morts en direct à la télévision ou les jeux électroniques d’une violence inouïe, font partie de son quotidien exempt de sensibilité. Dans les deux cas il s’agit d’un accès très libre à une violence totalement gratuite.
Assister à une corrida doit constituer pour le spectateur une profonde prise de conscience de cette ancestrale passion pour le bovin. La corrida doit représenter pour les futures générations un exemple de respect de l’animal sauvage et de grandeur de l’être humain. L’homme, au risque de sa vie, met son courage et sa réflexion au service du fauve afin de le glorifier dans son combat. Et le fauve, débordant de puissance et de bravoure, magnifie la lutte de l’homme. Le tout, dans une explosion de beauté et d’élégance. Cette philosophie faisant de la corrida un art à part entière. Ce n’est d’ailleurs qu’à ce titre que la lutte entre l’intelligence humaine et la force brute admet justification.

 

Septembre 2007, Ouverture de la boutique desPassionnés en Arles